• Juliette Deplage

Sorcières, La puissance invaincue des femmes - Mona Chollet

Résumé :


« Tremblez, les sorcières reviennent ! disait un slogan féministe des années 1970. Image repoussoir, représentation misogyne héritée des procès et des bûchers des grandes chasses de la Renaissance, la sorcière peut pourtant, affirme Mona Chollet, servir pour les femmes d'aujourd'hui de figure d'une puissance positive, affranchie de toutes les dominations.

Qu'elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l'Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ? Ce livre en explore trois et examine ce qu'il en reste aujourd'hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante - puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant — puisque l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d’horreur.

Enfin, il sera aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s’est développé alors tant à l’égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever. »



Mon avis :


Mona Chollet rejoint son homologue féministe Matilda Joslyn Gage (1826-1898) pour son interprétation de la chasse aux sorcières. Pour elles, ce n’est ni plus ni moins qu’une guerre contre les femmes. L’autrice s’est interrogée sur les points communs de ces figures stigmatisées pendant des siècles. Il s’agissait en grande majorité de femmes qui n’étaient pas sous le contrôle d’un homme notamment des femmes indépendantes, qui refusaient la maternité, les vieilles femmes etc.


Mona Chollet déconstruit une successions d’images comme le fait d’associer systématiquement les chasses aux sorcières au Moyen-Âge alors qu’en réalité ça a eu lieu au moment de la Renaissance. Qui sont derrière ces procès ? Ce ne sont pas les tribunaux de l’Inquisition mais bien des tribunaux civils en majorité. La représentation de la sorcière avec son nez crochu ne vous fait-elle pas penser à autre chose ? Le parallèle avec les caricatures antisémites est également évoqué. Il va s’en dire que j’ai appris énormément de choses !


Désormais certaines revendiquent fièrement cette étiquette de sorcière notamment les féministes. Ce qui est particulièrement intéressant c’est de voir ce qu’il reste de cette période aujourd’hui, comment on pense avoir notre libre arbitre sur le cours des choses alors qu’en réalité la bonne manière d’être une femme est encore très normée et figée dans nos esprits.


Si ces dernières années la pop culture a valorisé l’image des sorcières et en a fait des héroïnes courageuses à qui l’on peut s’identifier il y a aussi d’autres aspects qui ont de vraies répercussions sur notre regard social que je vous invite à découvrir !

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