• Juliette Deplage

Cinq dans tes yeux - Hadrien Bels

Dernière mise à jour : 18 avr. 2021



Résumé :


« Son surnom, Stress, c'est Nordine qui le lui a donné. C'était les années 90, dans le quartier du Panier, à Marseille, au-dessus du VieuxPort. Il y avait aussi Ichem, Kassim, Djamel et Ange. Tous venus d'ailleurs, sauf lui : sur la photo de classe, Stress tranchait avec sa peau rose.


Aujourd'hui les bobos rénovent les taudis du centre-ville et les pauvres ont été expulsés vers les barres d'immeubles avec ascenseur en panne. Les potes d'hier sont devenus chauffeur de bus, agent de sécurité, dealer — ou pire.


Un peu artiste, moitié loser, Stress rêve, lui, de tourner un film sur leur vie d'avant, quand ils enchaînaient les boîtes de nuit afros, les virées à la plage, les bagarres et les délires aux accents mêlés. Alors Stress écrit Cinq dans tes yeux pour conjurer le sort. La langue est inventive, fulgurante. Un roman drôle et insolent comme la vie. »


Mon avis :


J’ai eu l’impression d’être une spectatrice tout au long de cette histoire. Parfois les lecteurs ont un avis tranché: j’aime/j’aime pas. Ce livre, je l’ai détesté et adoré.


Ça se passe dans les années 90 dans le quartier du Panier, à Marseille, au-dessus du Vieux-Port avec un groupe de jeunes. L’auteur Hadrien Bels parle de la cité phocéenne avec une plume incisive, réaliste et avec un soupçon d’humour. C’est brut. C’est comme si pendant 296 pages tu rentrais dans le métro et qu’il n’y avait aucun arrêt possible. Son écriture déborde d’énergie.


Le personnage principal y voit la vie de ses proches changer, prendre parfois une tournure tragique. Il regarde Marseille avec mélancolie, qu’il se plait tant à personnifier. C’est elle le véritable personnage. Elle évolue cette ville où rien n’est tout noir ou tout blanc. Stress est le personnage principal et pourtant si peu acteur de sa vie, avec un pied ancré dans le passé. Stress, je l’ai trouvé sur la quasi-totalité du récit antipathique. C’est aussi ce qui fait que j’ai eu du mal à rentrer dans le récit. Il y a une mélancolie dans ce livre qui parfois est pesante, qui prend le dessus sur les personnages.


Ce livre c’est une belle déclaration d’amour à Marseille, un état des lieux du personnage sur l’embourgeoisement de sa ville et un vrai récit écrit par un marseillais. J’ai été engloutie par cette ville qui ne peut laisser indifférente. L’immersion est en partie réussie mais j’ai trouvé l’histoire décousue et les personnages auraient mérité encore plus d’attention.

Merci aux Editions de l’Iconoclaste pour cette découverte qui m’a fait me poser un milliard de questions et m’a secouée.

15 vues0 commentaire